LES FONDEURS DE CLOCHES TRIADOU

 accueil            voir lettre manuscrite (format pdf) recto  et verso d'Amans Triadou 1887  réponse à Mr Advielle
 

 voir l'article du Journal de l'Aveyron du 9 mars 1902 relatif au décés d'Amans Triadou

  généalogie des Triadou fondeurs à Rodez   (établie par Mr Robert Latapie de St Côme)

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(sources photos de Christian Triadou de Druelle ,Société de lettres de l'Aveyron)

Amans Triadou  (1856-1902)  le dernier fondeur   
 
son fils Charles (né en 1883 à Rodez) ne prendra pas la relève, il quittera Rodez
 quelques années aprés le décés de son père.
 Il partit en Indochine et sera le créateur de plusieurs entreprises, il deviendra également  administrateur de la banque industrielle de Chine, sera décoré de la légion d'honneur en 1922, il décédera le 16 Juillet 1962 à la Garenne Colombes (92).

 
Faire part du décés d'Amans Triadou  (1856-1902)

le dernier fondeur de cloches du Rouergue s'est éteint prématurément en 1902 à l'âge de 46 ans.

 

 (sources photos de Christian Triadou de Druelle ,Société de lettres de l'Aveyron)

 

  Jacques Adolphe Triadou  (1822-1883)

succédera à son oncle Hippolyte à la tête de  la fonderie familiale en 1853, il est le père d'Amans Triadou le dernier fondeur.

 (sources photos de Christian Triadou de Druelle ,    Société de lettres de l'Aveyron)

 

 

En l'état actuel des recherches sur les Triadou fondeurs faites par Robert Latapie et Francis Cavaroc,on peut constater ceci:

Le premier Triadou qui donnera naissance à la lignée des fondeurs se nomme Joseph, il s'établira comme artisan sabotier au Faubourg St Cyrice de Rodez vers 1715-1720,  son épouse se nomme Jeanne Cormouls (nom trés répandu dans la zone Espalion Estaing Bozouls), la transcription de leur contrat de mariage est mentionnée en 1703 chez M° Vernet notaire à Rodelle, l'acte demeure introuvable, il est certain que le couple est issu de ce secteur. Leur fils Bernard sera le premier fondeur de la lignée des Triadou (à noter que beaucoup de petites fonderies existaient dans le quartier du Faubourg à cette époque); il s'installera dans le quartier du bas de l'Embergue à Rodez et habitera Rue Balestrière (l'actuelle rue de Bonald), l'atelier devait déjà exister car il est mentionné que la fonderie date de 1610; sa fille Marie épousera en 1767 Joseph Châtelet (maitre fondeur au Faubourg) qui s'associera avec  Bernard et ses fils et ensuite partira à Toulouse établir une fonderie plus importante vers 1780.

A l'époque de la Révolution et du premier Empire, on ne trouve que Jacques (un fils de Bernard) comme fondeur sur Rodez, deux de ses fils lui succéderont: Joseph (décédé en 1831) et Hippolyte (décédé en 1853), à la mort de ce dernier son neveu Jacques Adolphe (en photo ci contre, fils de Jacques Etienne, qui lui, était....perruquier) prendra les rênes de l'affaire familiale, et la suite nous est mieux connue par les écrits d'Amans le dernier fondeur.

 

 

Ci-dessous un résumé du rapport  que Mr Advielle  3, rue Guénégaud Paris, avait écrit en 1887/1888 , sur les fondeurs de cloches Triadou ( rapport qui devait lui servir pour l’écriture d’un livre sur les fondeurs de cloches de France et Navarre ).

Il y a bien sûr, un grand nombre d'erreurs et d'omissions ?  certaines réponses  ont été rapportées par Amans Triadou lui même    (1856-1902) le dernier fondeur ; son fils Charles ayant changé d’activité.

Triadou Amans (premier ?) fondeur d’une famille originaire de Lorraine ( ???), mais fixée en Rouergue depuis 200 ans; naquit à Rodez en 1816 et y mourut en 1867 âgé de 51 ans.

Il s’était associé avec Châtelet, son parent, qui, depuis établit à Toulouse une grande fonderie où s’était fabriqué du canon à l’époque de la révolution.

Aprés qu’ils se furent séparés, Triadou resta à Rodez, et ne s’occupa exclusivement que de la fabrication de la grosse et de la petite cloche.

Amans Triadou (ou son père ) fabriqua pendant deux ans environ de 18 ?  à 18 ? , des sous en métal de cloche , que la population locale appelait de son nom : lo sou de Triadou.

L’aîné de ses fils dit Triadounet,  ( Amans Triadou ) reprit la maison, avec un de ses frères,  Il travailla à Montauban de 18 ?  à 18 ? , mais n’avait pas d’atelier fixe dans cette ville.

Il décéda à Montauban en 18 ?

Triadou Adolphe neveu du premier cité ( par conséquent cousin de Triadounet ), fondeur à Rodez, continua la fabrication des cloches et clochettes, dans son atelier de la rue …….à Rodez.  ( 3, place Bonnaterre ? ).

Il décéda en 1883 à Rodez.

Nous citerons parmi les plus importants travaux de cloches qu’il a fourni pour les églises de :

Moyrazès 1200 kgs  , La Vinzelle 1200 kgs,  Chaudesaigues 1100 kgs , Canet  1100 kgs , St Alban    (Lozère   1000 kgs , Palmas  900 kgs,  Condom  850 kgs , Clairvaux 800 kgs,   St Sulpice d’Excideuil           (Dordogne) 800 et 500 kgs,   Balsac 750 kgs ……….

NB :   En 1780 un Bernard Triadou est signalé comme fondeur dans le quartier St Amans à Rodez, il est dit avancé en âge , son successeur est le quatrième de ses fils : Amans.

Cet Amans devait être le grand père d’Amans Triadou cité plus haut.

 

Arrondissement de Rodez.                           Journal de l'Aveyron

Nous avons le très vif regret d'annoncer à nos lecteurs la mort cruellement prématurée, quoique prévue, de notre compatriote et ami, M. Amans Triadou. Il a achevé, jeudi, pieusement, en pleine possession de ses facultés, muni de tous les secours et de toutes les consolations de la religion, une existence simple mais droite, modeste mais pleine d'honneur, toute entière consacrée au culte de la famille, de l'art, et de l'amitié. Amans Triadou était né à Rodez en 1856 et, après avoir terminé ses études au Pensionnat Saint-Joseph, il avait pris immédiatement la direction de l'industrie familiale. Il y apportait non seulement tous ses soins et toute son intelligence, mais encore son dévouement et son cœur.

Il était de la race de ces fondeurs et campaniers du moyen âge dont Huysmans nous a tracé le portrait. Il aimait les cloches de cette affection que l'homme porte à l'objet qu'il anime ; il leur faisait parler un langage que nos oreilles habituées aux cavatines et aux valses n'entendent guère plus ; les carillons qu'il fondait chantaient « les heures canoniales, les primes et les tierces, les sextes et les nones, les vêpres et les complies, célébrant l'allégresse d'une cité par le rire fluet de leurs petites cloches, ou sa détresse par les larmes massives des douloureux bourdons.

 Triadou était artiste ; il sentait le symbolisme des cloches. Pour lui la cloche n'était pas un simple morceau de bronze, un mortier posé à la renverse et qu'on agite : c'était une voix qui chante, gémit ou invoque, et si toutes celles qui portent son nom pleuraient sa mort, ce serait à cette heure, dans tous les clochers de nos campagnes et de nos villes, comme un immense glas funèbre !

Triadou meurt  la fleur de l'âge, mais il a eu, en quittant prématurément ce monde, la consolante assurance que les séculaires traditions de sa vieille maison seraient pieusement recueillies et fidèlement conservées par son fils, qui vient de terminer brillamment ses études classiques. Cette perpétuité dans une même famille de la même industrie n'est pas commune.

Ce n'est pas seulement à sa famille et à son art que notre cher défunt avait consacré ses forces et son dévouement. Il était, depuis sa fondation, le président constamment réélu de l'Association Amicale des anciens élèves du Pensionnat St-Joseph. Là aussi, on appréciait la générosité de son coeur et la droiture de son âme, et le deuil de la famille Triadou est le deuil de l'Association comme aussi de l'ami qui trace ces lignes sous le coup de la plus douloureuse émotion.

Les obsèques de Mr. A. Triadou ont eu lieu vendredi soir. Une grande affluence d'amis, le Pensionnat Saint-Joseph, la Lyre Ruthénoise l'accompagnaient à sa dernière demeure. Sur sa tombe, M. Landès, trésorier de l'Association amicale du Pensionnat Saint-Joseph, a prononcé le discours suivant :

 « Messieurs, la fin soudaine et malgré tout prématurée du Président de l'Association amicale du Pensionnat Saint-Joseph consterne nos coeurs.   Au nom de cette Association, je veux adresser un juste tribut d'hommages à celui qui fut un de ses membres les plus zélés, les plus éclairés, les plus constamment dévoués.

 C'est que, Amans Triadou eut un véritable culte pour ses amis ; il était né serviable, enjoué, communicatif ; à un jugement sûr, il unissait une âme délicate et artistique. Cet ensemble de qualités si attachantes le firent désigner et maintenir à nos suffrages comme Président de notr  amicale.

 Enfant, il présageait l'ami entraînant' et recherché qu'il devint plus tard et ses camarades de 1864 à 1874 auront sûrement un souvenir ému pour celui que nous pleurons aujourd'hui.

Les dix années passées au Pensionnat St-Joseph avaient pétri l'âme d'Amans Triadou de cet esprit profondément religieux qui grandit l'homme en développant ses qualités naturelles, l'amène de la justice à la charité, de l'amitié vulgaire, souvent intéressée à l'amitié chrétienne faite d'abnégation et de sacrifices. Triadou fut ce croyant et sa mort touchante et chrétienne fut à l'image de sa vie : il pensa à Dieu, qu'il allait rejoindre à sa famille et à ses principaux amis qu'il allait quitter.  Comme suprême adieu, dans ce grand deuil qui nous assemble, donnons-lui, Messieurs, une dernière prière, et que l'immense douleur de sa famille et la nôtre soit adoucie par la ferme espérance que les vertus de notre ami ont déjà reçu, de la miséricordieuse Justice de Dieu, la récompense qui leur est due. »